• Happy Cinéma 24.06.2009

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    Dans les années 60, les radios anglaises ne diffusent guère plus de 40 minutes de pop-rock par jour alors que le genre est à son apogée d’un point de vue artistique. Les Throggs, les Who, les Beatles et les Turtles sont reconnus dans le monde entier et n’ont alors pas droit d’antenne dans leur propre pays. Du moins pas sur les radios officielles, car les radio pirates s’en donnent à coeur joie pour faire profiter leurs auditeurs des perles de leur île.

    C’est le sujet de The Boat That Rocked, atrocement rebaptisé Good Morning England en France (les Français ne connaissant qu’un seul film parlant de radio qui soit cool), jetant aux toilettes le délicieux jeu de mot du titre original (le “rockin’” est un terme maritime consistant à faire tanguer le bâteau pourqu’il avance quand il n’y a pas de vent, bref… Bernard Pivot, si tu nous regardes).

    Radio Rock est une radio pirate britannique basée sur un bâteau au milieu de la Manche. Carl vient d’être viré de son lycée et est envoyé sur le bâteau par sa mère, une nymphe pour tout l’équipage de Radio Rock. C’est à travers le regard de Carl que l’on découvre la vie à bord de la radio rock que le gouvernement anglais puritain veut couler par tous les moyens.

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    Soyons objectifs: il n’y a pas d’histoire dans Radio Rock. D’un coté, deux lignes de scénar’ expliquant l’arrivée de Carl, charisme abyssal et regard comme l’horizon (c’est-à-dire plat) suivies d’un début de fil rouge évoquant sa quête du père qu’il ne connaît pas. De l’autre, les manigances machiavéliques et répétitives d’un ministre (Kenneth Brannagh, même pas digne de son ombre pour le coup) chargé d’éliminer les obsènes radios pirates. Cette intrigue-là n’est développée que par quelques scènes déconnectées de l’essentiel et réduites au schéma “1-scène d’exposition du stratagème diabolique; 2- scène montrant les politiciens dépités parce que le plan a raté”. Pas indispensable.

    Mais alors, que reste-t-il? Tout le reste, à savoir 80% du film, à savoir 100% de ce qu’il y a de bon, à savoir,… La vie quotidienne à bord de Radio Rock. Les DJ sont autant de personnages attachants, radicalement différents les uns par rapport aux autres. Le gratin des acteurs britanniques s’est donné rendez-vous à bord: Bill Nighy est le capitaine, un dandy Bowiesque avant l’heure, dont le rôle consiste à “gérer” avec understatement les trublions Nick Frost, Phillip Seymour Hoffman et surtout et loin devant Rhys Evans. Si son nom ne vous dit rien, vous vous souvenez peut être de ses Tshirts et de sa fesse dans Coup de Foudre à Notting Hill, (étonnamment) du même réalisateur. Aucun fil rouge entre ces furieux à la verve mitraillette, seulement un enchaînement de sketches représentant la vie quotidienne des DJ de Radio Rock: Visites de groupies, défis idiots, théories débiles, duels de vannes, jeux, … et radio. Il faut voir ce M*A*S*H radiophonique pour sa bande originale, enchainant Beach Boys, Turtles, Who, Martha & The Vandellas, comme autant de perles sur une histoire mince comme une ficelle.

    gmengland1 Au final, des acteurs qui s’éclatent dans des scènes  cultes sur un fond musical d’anthologie. Parfois,  on n’en demande pas plus. Drôle, sans prétention  et d’un bonne humeur contagieuse, Good Morning  England surprend par ses qualités et fait vite  oublier ses défauts.

    Posté par Joe Odom @ 14 h 48 min

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