C’est une résolution que ma copine m’a fait prendre et je dois m’y tenir : ne plus agresser les gens avec ma hargne cinextrémistes quand ils défendent un film que je vomis. Je ferai donc désormais seul, en silence et par écrit. Et pour commencer mon vœu de silence et de respect pour le mauvais goût des midinettes d’aujourd’hui, je commencerai par m’attaquer au Dirty Dancing des années 2000, Twilight.

Twilight est un complexe de jeune fille transformée en artillerie marketing. Pardonnez le pléonasme. Sans dévoiler les enjeux de l’histoire, dont l’originalité n’a d’égal qu’un programme de l’UMP pour les Européennes, je vais juste vous dévoiler les ingrédients de ce pur produit destiné à la midinette qui sommeille dans chaque paire de chromosomes XX … et à la bonne poire d’XY qui se devra d’accompagner sa paire… de X, j’entends. Pour une bouillie vampirique à l’eau de rose, vous prenez :
- Une citadine au regard effacé, dont le jeu de scène consiste en une respiration d’asthamatique (incroyable performance respiratoire de l’actrice principale, ponctuant chaque phrase par une horripilante expiration ne venant en rien altérer son regard végétal),

- Un bellâtre de grande surface, modèle « Brad Pitt du pauvre » à nez écrasé, ou « James Dean tabassé low cost », que vous aurez pris soin de faire maigrir, la mode allant au slim ce temps-ci,
- Exilez la citadine dans un bled ultra-mega-super-paumé pour éveiller dans la spectatrice le souvenir des vacances passées dans un coin du genre, pour la Toussaint il y a quelques années, ou mois,
- Tartinez le bogoss (terme générique pour un mâle post pubère épargné par les cicatrices d’une puberté déconnante) de colle à bois pour que ses cheveux ne bougent surtout pas et habillez le, lui et la bande de potiches qui lui servent de famille en blanc, comme dans les pubs Wii ou Mac, afin de clairement distinguer les « héros » des « pas-héros » (les gars du bled, en chemise à carreaux et doudounes sans manches. Marty McFly doit bien se marrer),
- Trouvez un élément déclencheur de « fascination ». Puisque le bad boy façon Grease ou Dirty Dancing est dévalué de nos jours avec le Patriot Act, penchez pour le surnaturel sans trop en faire (pas d’ex-croissance ou de sang, aucun intérêt pour faire un film de vampire, voyons!),
- Laissez prendre comme ça vient, pas besoin de scénario pour le moment. Au cas où investissez dans une BO estampillée Mtv et dans quelques paillettes (on y viendra plus tard).
Voilà. C’est pas clair ? Reprenons : on a une donzelle, Belle (elle s’appelle comme ça, sinon on ne devinerait pas qu’elle est censée être mignonne), qui se retrouve à Peta-ou-Chnock-Les-Monts, un bled du genre banlieue de Dunkerque avec des sapins, avec aucun teen à se mettre sous la dent. Jusqu’au jour où, en cours de bio, elle se retrouve à coté d’un gars tout pâlot tout de blanc vétu, qui arrive en Audi (pas en pick-up pourri). Belle se dit « bah tiens, autant se faire frelâter le tiroir à loustic dans une berline que dans un 4*4 miteux. J’vais m’accrocher à c’te tarlouze jusqu’à ce que générique de fin s’ensuive ». Pépère a pas l’air motivé au départ. Au cours, il regarde la Belle avec un regard plus proche de « Faut que je fasse caca » que de « T’as de beaux yeux » (en même temps, on le comprend). Mais bon, Belle n’en est pas à sa première mauvaise impression, elle persiste et v’là-t-y pas qu’elle découvre que le bellâtre et sa famille de consanguins sont en fait des vampires. Heureusement qu’une longue séquence de Google nous l’explique parce que RIEN dans le film ne nous le confirme (« Mais si, ils sont habillés en blanc »).
Fascination pour la différence et hormones en ébullition aidant, Bella et son vampire d’Emmaüs « apprennent à s’apprivoiser » dans le respect du label Tout Public(pas de sexe, pas de violence vampiresque, pas de… bref, fascinantes séquences de vide en perspective, la série Beverly Hills nous manquerait presque).
Moment clé du film : George (je sais plus comment s’appelle le vampire de 15-25 ans, désolé) montre à Bella (ça c’est tellement pourri comme nom que je m’en souviens) sa vraie nature de monstre… Alors là, planquez vous, c’est d’une violence visuelle in-cro-yable, Lars van Trier a du copier pour Antichrist. Sachez qu’en 2009, un vampire est un mec maigre et blanc comme un derriere d’albinos, qui brille comme une boule à facette au soleil, rien d’autre. Si un jour vous mettez par accident la crème hydratante à paillette de votre copine, préparez vous à voir débarquer Van Helsing, alors faites gaffe. Et moi qui croyais qu’un vampire ne pouvait pas avoir l’air plus gay que dans Entretien Avec un Vampire. A coté, c’est un film sur les conducteurs de Monster Truck au Texas.
Passons sur le tour de force d’avoir fait durer cette absence complète de scénar sur deux heures, d’avoir filmé le tout comme un clip de Mylène Farmer (tout le monde est blanc, y a du brouillard, tout le monde a l’air de s’ennuyer et marche au ralenti).
Twilight est avant tout un complexe post-rupture de jeune fille qui sera passée de Black Sabbath à George Michael sans faire de transition. Avec la ringardisation médiatique du roman-photo, cette péloche mièvre ravit le public féminin de 15-35 ans en manque de romance à l’eau de rose qui n’assume pas d’exiber les petits livres de poche aux couvertures couleur été indien (Arlequin ?).
Les édito ont assuré en faisant des jaquettes d’un noir sensuel comme un paquet de Segafredo. De la même manière, le film a eu droit à un battage médiatique décomplexé et a été annoncé comme le « nouveau Roméo et Juliette » (sans doute la version Baz Luhrman avec les chemises à fleur).
Mal filmé, mal joué, monté comme un épisode de soap italien des 80’s dans le Montana, on ne peut que saluer le hold up incroyable accompli avec absolument rien. Le plus drôle, c’est que je n’ai jamais écrit aussi longuement sur un film.
Techniquement et artistiquement, c’est la honte. D’un point de vue business, c’est la classe. En fait, je dois juste être jaloux de ne pas avoir un produit aussi fort qui me soit destiné !





juillet 2nd, 2009 at 12 h 06 min
Je suis tout à fait d’accord avec vous Monsieur sur un point : l’actrice. Oui dans se film elle est mauvaise, oui ses expirations bizarres à chaque phrases sont insupportable. Mais bon pour sa défense : normalement elle sait faire. Enfin je trouve, elle avait joué aux côtés de Jodie Foster dans “Panic Room” et elle était plutôt bonne actrice.
Pour le reste, je ne suis pas d’accord ! Le but de ce film n’est pas d’obtenir un Oscar, c’est une adaptation de best-sellers qui essaye d’être le plus fidèle possible aux textes pour ravir les lecteurs, c’est un divertissement et a ce titre je le trouve plutôt réussi.
C’est marrant parce que jusque-là, je n’ai entendu aucune fille qui aurait vu le film en dire du mal, que des hommes… et en général ils s’en prennent d’ailleurs particulièrement à l’acteur principal… Déduisez ce que vous voulez…
En tout cas, 85% des filles qui donnent leur avis sur lui le disent : IL EST HOT !!
Et puis Papy, oui toi qui a écrit l’article, pardon de te le dire comme ça mais Robert Redford est un peu trop vieux maintenant pour jouer un gosse de 17ans. M’excuse bien.
Fin bref, je suis sûre qu’ici on est nombreuses à attendre la suite alors garre à toi.
juillet 26th, 2009 at 16 h 06 min
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août 6th, 2009 at 4 h 20 min
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août 11th, 2009 at 0 h 44 min
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