• Happy Cinéma 13.10.2009

    Si Peter Jackson est connu aujourd’hui comme Mr Lord Of The Ring, il serait dommage de s’en tenir à cette étape de sa carrière. En effet, avant de se toucher le chboub sur sa tablette graphique pour un aussi spectaculaire que mauvais remake de King Kong, le barbu faisait des films de monstres dans son jardin (Bad Taste), de singe-rats et de zombies (Braindead), de lycéennes rêveuses et de mondes imaginaires (Créatures Célestes) et de fantômes (l’excellent Fantômes Contre Fantômes). Evidemment, Difficile de revenir à des budgets modestes après la Terre du Milieu, mais Jackson donne sa chance aux petits nouveaux.C’est le cas de Neill Blomkamp qui a pu réaliser la bombe SF de cette année.

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    Au risque de participer à la hype autour de ce film, force est de reconnaître que pour une fois, un film mérite le buzz dont l’objet. Question simple : à quand remonte la dernière fois que vous avez vu un film de SF qui vous a scotché pour l’originalité de son histoire? Personnellement, c’était les Fils de l’Homme, et avant ça Strange days et Dark City. Je citerais bien Starship Troopers et Matrix mais il y a tout de même de la redite dans ces deux-là (un Star Wars au vitriol d’un coté et une compile de la culture otaku saupoudré d’un précis de philo niveau bac de l’autre). Non du 100% original en science fiction, une histoire qui se détache de toute référence antérieure du genre, c’est rare, ça n’existe presque plus. Raison de plus pour ne pas manquer cette grosse baffe intitulée District 9. Pour trouver une référence il faudrait remonter jusqu’à Soleil Vert ou Bradbury. C’est assez rare pour être salué.

    Au premier abord, on peut être un peu démotivé par ce film : un docu-fiction suivant le transfert d’un groupe de réfugiés alien d’un bidon ville à un autre en Afrique du Sud, entrecoupé d’interviews de Terriens plus qu’hostiles à l’égard de ces crevettes de l’espace et de responsables de l’organisation privée chargée d’encadrer la migration manu militari. C’est crasseux, on parle de taux de criminalité, on suit un pauvre con dans ses visites, on assiste à des scènes de violence type « Police-vos papiers- panpan- ramasse ton bras ». Bref, on se sent pas à l’aise, à deux doigts d’envoyer un chèque à une ONG pour aider les pauv’crevettes. QUAND SOUDAIN… ah ça, vous vous sortez le doigt d… A vous d’aller jeter un œil à ce que réserve cette pépite.

    Une des fameuses crevettes, les mal-aimés venus d'ailleurs.

    Une des fameuses crevettes, les mal-aimés venus d'ailleurs.

    Visuellement, on ne devine pas que District 9 est un « petit budget ». Incrustation des aliens, du vaisseau, des différents éléments « SF » disons, explosions en tout genre, … tout est parfait, à quelques détails près. On peut au moins s’avancer à dire que c’est du niveau d’un très gros budget. Quand on repense au mastodonte Avatar qui se prépare à sortir en salle, avec ses Schtroumphs anorexiques à têtes de chat mal incrustés et son histoire pompée sur Danse Avec Les Loups (Danse Avec Les Schrtroumphs , donc ?), on finit par se dire que rien ne vaut une bande de Néo-Zélandais (et de Sud Africains) au taquet avec peu de moyens

    Visuellement bluffant, mis en scène comme une Cité de Dieu croisée avec Star Wars, écrit avec un soucis d’innovation et d’originalité tout en tenant la route, District 9 est une leçon, une future référence, une voie à suivre. Dommage, une suite est déjà en chantier. Que voulez vous ? on refait pas une industrie avec un seul film…

    Posté par Joe Odom @ 11 h 09 min

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