• Happy Cinéma 13.10.2009

    George Simmons, comédien à succes, déprime dur: quel sens donner à sa vie, comment a-t-il pu perdre la femme qu’il aimait, quelles erreurs a-t-il commis, etc ? Son mal-être atteint le point critique quand on lui diagnostique une LMA, un genre de leucémie à un stade incurable. Dur dur de continuer à être drôle après ça… Dont acte, et George de retraçer le parcours de sa vie à commencer par le club où il fit ses premiers stand up. Là, il rencontre Ira « Wright » Weiner, apprenti-comique dont le talent est méchamment entravé par son manque d’assurance. George embauche Ira pour lui écrire quelques sketches et l’assister. Une relation « mentor en berne – apprenti/confident » se développe entre les deux rigolos.

    Judd Appatow n’avait pas réalisé lui-même depuis En Cloque Mode d’Emploi en 2006. Entre temps, à travers ses productions, il est devenu le parrain de la nouvelle comédie US et le Merlin de la nouvelle génération de comiques : après avoir lancé Steve Carrel, il consacre Jason Segel (How I met Your Mother, Sans Sarah Rien Ne Va, I Love You Man), fait de Seth Rodgen une star (En Cloque Mode d’Emploi, 40 Ans toujours Puceau, etc), et travaille dur pour faire exploser Paul Rudd (I Love You Man, Les Grands Frères) et Jonah Hill (« l’avenir de la comédie américaine » selon Appatow).

    Jonah Hill: "l'avenir de la comédie US" selon Tonton Judd

    Jonah Hill: "l'avenir de la comédie US" selon Tonton Judd

    Drogué au Saturday Night Live et aux comédies des années 80-90, il rend aujourd’hui hommage à ses aïeux et modèles avec une comédie quasi-dramatique.

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    Autant prévenir les âmes sensibles et autres puritains : il s’agit de 2h30 de (excellentes) blagues sexuelles sous lesquelles il faut parvenir à déceler toute la tendresse du réal pour le sujet. Ne vous faites pas leurrer par les catch-phrases de l’affiche : il n’y a aucun rapport entre ce film et Woody Allen, pas plus que Peter Sellers. Une manière toute française de mettre de la référence là où il n’y en a nullement besoin. Appatow se suffit à lui-même, merci. Bref, du fin du frais, bon comme du St Moret.

    Mais revenons au film en lui-même : les principales qualités du film sont son humour (à se faire pipi dessus) et ses acteurs toujours aussi déments : Jonah Hill est à pleurer, Seth Rodgen prouve qu’il n’a pas besoin d’un gros bide pour être marrant, Jason Shwartzman (A bord du Darjeeling, Marie Antoinette) fait un faux bellâtre tête à claques de premier ordre, Eric Bana est beau et con et Adam Sandler est parfait dans ce rôle de cynique agonisant. Toute cette troupe est joyeusement réunie dans une histoire d’amour dédiée à la comédie elle-même, une histoire qui cache sous des kilos de gros mots une tendresse sincère envers les artisans du rire. Le film pêche uniquement en cela qu’il aurait gagné à être plus concis. 2h30 à passer du rire aux larmes, il faut être sévèrement courageux pour tenter l’expérience, il faut le reconnaître, mais la dernière partie du film manque de pêche par rapport au reste. Appatow aurait il été trop gourmand ? Bref, si on ne s’attache pas au personnage, ça peut devenir carrément ennuyant.

    Pour ma part, je me suis régalé, mais bon…

    On sort de Funny People satisfait mais aussi content que ça se termine. Une sensation regrettable compte tenu des nombreuses qualités du film. A revoir avec plaisir peut être avec la télécommande dans la main mais pas trop ;)

    Posté par Joe Odom @ 11 h 24 min

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