Matthew Vaughn est un nom peu connu du public. Et pourtant le bonhomme a bourlingué : de producteur de Guy Ritchie à la belle époque (Arnaques,Crimes et Botanique, Snatch), le lascar passe réalisateur pour nous montrer qu’il peut en faire autant avec Layer Cake, puis change de registre et réalise le charmant Stardust, une espèce de Princess Bride moderne. Approché par les studios hollywoodiens, il refuse Thor pour s’adonner à un autre comic, plus irrévérencieux, à savoir Kick Ass. Changement de ton complet pour le talentueux Limey.
Kick Ass, c’est un peu comme si Peter Parker avait décidé d’être Spider Man sans avoir eu sa morsure d’araignée OGM. Pas de pouvoir, pas de talent, pas de courage ou alors juste quelques moments de bravoure pas calculés, filmés inopinément par un passant. Une vidéo de lui sur Youtube fait de lui un phénomène de société, si bien qu’il dérange un gang local et devient la cible du pire des pourris, lui-même poursuivis par un vrai vigilante (interprété par un Nicolas Cage sous crack déguisé en Batman) aidé de sa fille d’une dizaine d’année dopée aux films de kung fu interdits aux moins de 16 ans.
Admirablement interprété, bien mis en scène, rythmé à merveille et baigné dans la culture geek jusqu’à noyer le profane, Kick Ass alterne dialogues cultes façon Snatch, scènes choc et références en tout genre. Une gamine (impressionnante) renvoie Uma Thurman et sa mariée à l’hospice pendant que l’inestimable Mark Stong (Rock’n Rolla, Sherlock Holmes, Stardust) joue les caïds karatékas et passe se collègues au micro-ondes. Au milieu de cette galerie de personnages à faire pâlir Tim Burton et Tarantino, Kick Ass, Dave de son faible prénom se promène en tenue de plongée verte et se fait passer pour un homosexuel pour approcher la fille de ses rêves. Le vrai Peter Parker, loser et lourd comme on n’a pas osé nous le montrer en somme ! Son ridicule ne le rend que plus « réaliste » (enfin un vrai naze !!!) et attachant.
S’il accuse quelques lourdeurs scénaristiques, c’est pour mieux nous faire ressentir les débuts poussifs d’un super-héros – d’autant que son seul pouvoir et de ne pas avoir des connexions nerveuses en bon état – et nous laisser le temps d’apprécier à quel point c’est dur d’être un ado, dur d’être amoureux, dur de se sentir inutile. Servi par un scénario en béton armé (inspiré de l’excellent comic) , Kick Ass est plus qu’un film de super héros. C’est LE film de super-ado, avec pour les fans de Judd Appatow, McLovin en bad guy pubère !




